Le Juste Moi

Éditorial de Juin 2008


La route de La liberté intérieure

Au nom de la liberté, je me suis soumise, rebellée pour ensuite m’abandonner. Dans ma quête de liberté, pourquoi en suis-je venue à me sacrifier, à me mettre aux oubliettes? Pourquoi en suis-je venue à favoriser la solitude, l’éloignement? Au nom de la liberté, me voilà rendue à contempler la mort dans l’espoir de la retrouver.

Je roule sur l’autoroute de la vie et ne comprends pas pourquoi le paysage ne m’attire plus. Je suis fatiguée de conduire. Je ne sais plus quelle direction prendre. Je me sens déprimée. Des solutions se présentent. Les mêmes qu’avant. Je ne peux emprunter ces sorties puisque je sais pertinemment bien qu’elles m’amèneront à un cul-de-sac, celui du désespoir, de la folie, de la prison ou de la mort.

Tiens, étrange… J’aperçois une photo de moi sur le panneau indicateur de la prochaine sortie. J’ai 7 ans. Cette photo me touche, m’attire. Je deviens sensible à cet enfant, à son besoin d’être aimée, reconnue et acceptée. Je deviens sensible à son désir de vivre librement, d’exister dans sa différence, de réaliser ses rêves secrets. Elle a besoin d’aide. Je veux l’aider à se libérer de ce qui la retient prisonnière. Je sens un vent de liberté, qui s’accompagne instantanément de la peur de l’inconnu. Mon empathie pour cet enfant et ce souci de l’aider me commandent d’accueillir cette peur et ne pas m’y soumettre. Me voilà qui quitte à mon insu la route de l’insatisfaction, de la solitude et de la souffrance stérile. Cette route inconnue est la vraie route de la liberté, la route de la vie.
La connaissance de moi-même, de mes fonction-nements qui m’emprisonnaient sont des outils indispensables pour la conduite de ma vie. J’ai repris l’autoroute de la vie, de ma vie dans la vie. Aujourd’hui, tous ces panneaux qui indiquent les voies de service par le contrôle, le refoulement, le déni, la défensive, l’oubli de moi, la culpabilisation, la banalisation ou le pouvoir riment avec la perte de ma liberté.

Ma liberté intérieure, j’en suis responsable. Au volant de ma vie, je prends conscience de ce que je vis lorsque je contemple le paysage qui m’entoure. Je suis la conductrice consciente de ma vie. Je sais maintenant à quel endroit je vais. Je vais vers plus d’amour de moi-même. Il me faut toutefois demeurer vigilante. Parfois, lors d’embouteillages, je vois ma propension à vouloir emprunter une voie de service insatisfaisante. Tout pour arrêter la souffrance du moment, pour fuir la responsabilité de ce que je vis dans l’ici maintenant. La différence aujourd’hui est ma capacité à prendre le temps de m’arrêter et de vérifier ce qui se passe pour moi et voir en quoi je peux me responsabiliser pour poursuivre la route de l’actualisation de mon plein potentiel en toute liberté.
Johanne Mercille, TRA
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